Brassard noir ou bonnet d'âne ?
Le Comité d'établissement et le Comité central d'entreprise extraordinaire ont accouché d'une
souris.
La conjoncture économique, le marché automobile qui s'effondre, ont fait stopper momentanément certain projet d'industrialisation du Groupe Valeo.
La prévision du projet alternateur du site de l'Isle d'Abeau est suspendue au moins jusqu'au mois de décembre 2008, date du prochain Comité central d'entreprise ou des précisions seront données par la Direction.
La Direction avance un manque de visibilité et ne peut se risquer à aller plus en avant dans ce projet.
La CFDT continuera à œuvrer pour que les alternateurs entrent sur le site, mais pas comme certains l'entendent. Là on a tout le temps de creuser le sujet et la CFDT va rapidement s'y atteler. Que chacun prenne ses responsabilités. Le temps, cet élément qui nous faisait défaut devient aujourd'hui un allié de poids. La CFDT y reviendra.
Je précise que ce matin certains élus signataires portaient un brassard noir...
Ils portaient le deuil de la non-entrée des lignes d'alternateurs. La précision qu'ils ont donné à certains salariés est que si les alternateurs ne sont pas rentrés c'est de la faute de la CFDT et de la CGT.
La CFDT se fait un devoir d'intellectualiser les thèmes traités, cela ne semble pas être le cas de tous.
Les porteurs des brassards noirs ont fait une belle analyse de la situation !!!
Une telle analyse ne mériterait-elle pas une distinction d'honneur ? Si tel est le cas ce n'est point d'un brassard noir dont il s'agirait mais bel et bien d'un bonnet d'âne.
Je leur donne l'occasion de réfléchir via ce blog ou depuis plusieurs semaines des questions pertinentes sont posées.
Dois-je leurs poser les bonnes questions afin qu'ils analysent sérieusement la situation ?
Sans vouloir être un donneur de leçon, certains points méritent à eux seuls une vraie réflexion.
Par quels moyens (initiaux) légaux la Direction voulait-elle nous « voler » des acquis sociaux ? Si nous en sommes là aujourd'hui, c'est aussi du à un grand manque de lucidité de nos dirigeants qui pensent pouvoir passer en force là ou la loi l'interdit.
Il est aujourd'hui évident qu'il était totalement impossible de « voler » des jours de RTT aux salariés sans aller démonter l'accord 35 heures.
Pourquoi la Direction n'a-t-elle pas joué franc jeu ? Ou alors plus grave, elle ne connaissait pas la loi en la matière. Je ne saurai même pas surpris de cette deuxième solution...
Comment se fait-il que la Direction refuse de répondre aux questions CFDT ?
Tout simplement parce que les réponses apportées auraient permis à chacun de nous de voir éclater au grand jour la supercherie. Qui avait intérêt à ce que cela se passe ainsi ? Surtout pas la Direction... et encore moins les signataires, surtout après nous avoir traités de « joueurs de poker ».... Ai-je besoin de rappeler le coup [monté] de la lettre au Directeur de la Branche, sur un tract nous démolissant nous et la CGT.
Reste que nous avons bien été les seuls à jouer franc jeu !!!
Il n'y a même pas besoin d'aller plus loin dans la réflexion, tout est dit. Et si la Direction n'a rien à cacher qu'elle réponde, on ne lui en demande pas plus. Juste qu'elle fasse son travail avec le même sérieux qu'elle souhaite le voir accomplit par les salariés qu'elle embauche.
Je dis aux Directeurs en charge de ce dossier : Répondez simplement aux 16 questions que vous a transmises la CFDT, rien de moins, rien de plus.
Une question bien préparée...
Que dire de la question posée en Comité d'établissement extraordinaire et en Comité central d'entreprise extraordinaire, par des élus signataires, pour savoir si un accord signé entre la Direction et les partenaires sociaux, aurait, je cite permis de faire rentrer les lignes d'alternateurs ? Tout est dans la réponse, précise mais ouverte à interprétation : La Direction répond : « on aurait tenu nos engagements ».
Alors pour certains signataires cela veut dire que oui les lignes seraient rentrées et nous aurions fabriqués des alternateurs.
Quelle merveilleuse analyse !!!
La crise est là, on n'a plus de boulot, l'entreprise parle de perte de marché, le carnet de commande est en berne, voir même de chômage partiel mais on aurait produit SES alternateurs
Je mets un bémol à la certitude infantile d'une telle réponse. Qu'un salarié lambda pense cela, je le comprends et il n'y a rien de péjoratif à dire cela, mais de la part d'un élu c'est sacrément simpliste, puisque nous avons tous les mêmes documents de travail.
Et que dans la négociation, il a TOUJOURS été précisé par la Direction qu'une baisse brutale de l'activité du secteur automobile remettrait à plat l'ensemble du projet alternateur. Et pourrait même le supprimer. N'en sommes-nous pas là aujourd'hui ?
Le plus grave c'est que nous allons vivre des semaines extrêmement difficile et qu'il y a d'autres moyens de se préparer à cela qu'à aller porter un brassard noir en signe de désolation.
SI j'ai un conseil à donner aux porteurs de brassards et à « l'inventeur » de la question citée ci-dessus, c'est d'aller relire calmement l'article 5 du protocole d'accord du projet alternateur. Tout est dit, simplement, clairement....
La CFDT affirme que seule la crise économique est responsable de la situation dans laquelle nous sommes.
Ce qui est sur dans cette triste histoire c'est qu'entre la Direction et certains des signataires c'est tout de même « bonnet blanc et blanc bonnet ».
Serge GONNELAZ - Secrétaire de la SSE CFDT - Valeo Ida
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