Dimanche 24 juin 2007
7
24
/06
/2007
06:28
Le stress professionnel fait l’actualité : des chiffres dans la presse, des sondages, des diagnostics en entreprise et un
ouvrage.
De la mesure
L’ANACT (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail) a publié fin mai 2007 les résultats de
son sondage annuel sur la qualité de vie au travail, orienté cette année sur les changements organisationnels. Ainsi, le stress des cadres est évoqué dans la note de synthèse rédigée par TNS
Sofres :
« Le changement ne se fait pas sans conséquences, puisque 49% d’entre eux (les salariés) se disent stressés, 44% pensent que ces
changements ont des conséquences sur leur vie privée et 36% sur leur santé.
Si les cadres sont moins enclins à déclarer qu’ils « souffrent de stress au travail », ils apparaissent pourtant comme les moins
assurés de leur capacité à y faire face (et les moins soutenus par leur hiérarchie).
Ce paradoxe n’est qu’apparent : d’une part les cadres sont plus habitués au stress et certains le considèrent probablement comme
consubstantiel à leur statut, d’autre part ils sont souvent les premiers impactés par les changements repérés et devront de surcroît les gérer pour eux-mêmes mais aussi pour leur équipe.
»
Le CNISF (Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France)
vient de publier son enquête annuelle réalisée auprès des ingénieurs : 45 % déclarent que le niveau de stress est source d’insatisfaction (contre 26 % source de satisfaction). Ce résultat est
identique à celui de 2006.
Du diagnostic aux recommandations
Le mensuel Enjeux Les Echos de juin 2007 consacre 4 pages au sujet, à partir des dernières statistiques de l’IFAS
(Institut français d’action sur le stress), organisme privé qui travaille notamment chez Renault depuis 1998.
Si l’article s’intitule « Comment faire baisser la pression », seules deux recommandations des spécialistes de l’IFAS sont retenues par
l’auteur de l’article. Elles méritent d’être ici soulignées :
· «
Pour limiter le stress de son équipe, la priorité d’un manager doit être de lui éviter les émotions négatives. Plutôt que de chercher à susciter le contentement, il doit d’abord veiller à ne
pas nuire». Voilà qui n’est pas sans évoquer l’une des dimensions de la responsabilité que la CFDT Cadres résume par prendre soin.
· « Pour
lutter contre le stress, il faut certes hiérarchiser les tâches à accomplir, mais aussi savoir renoncer à certaines d’entre elles. L’efficacité ne passe pas seulement par la méthode, mais aussi
par la diminution du volume de travail ». Comment concilier, comme l’affiche le gouvernement, la lutte contre le stress et le « travailler plus » ?
L’ANACT vient également de réaliser un ouvrage « Prévenir le stress et les risques psychosociaux au travail », qui
s’appuie sur l’expérience des chargés de mission de son réseau, qui interviennent dans les entreprises afin de mener des diagnostics concertés dans de multiples secteurs d’activité. Une
dizaine d’« études de cas » sont disponibles sur le site web de l’agence.
L’ouvrage conclut sur les quatre conditions de succès d’une démarche de prévention des risques :
·
un engagement fort et constant de la direction
·
une analyse systémique de contexte, qui lie individuel et collectif
·
l’implication active d’une pluralité d’acteurs
·
une prévention le plus en amont possible
La contribution de l’ANACT intervient sur ce sujet dans un contexte crucial
:
· Reprise, grâce à l’acharnement de la CFDT, de la négociation patronat / syndicats sur la pénibilité (qui découle de la loi de 2003 sur les retraites et de l’accord sur les
seniors de 2005) et sur le stress (pour décliner l’accord européen de 2004).
· Annonce d’une conférence tripartite (gouvernement et partenaires sociaux) sur l’amélioration des conditions de travail et la lutte contre le stress, prévue à
l’automne.
Anact
L'agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail
CNISF
Conseil national des ingénieurs et des scientifiques de France
Derniers Commentaires